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Christophe Vanackère

Eric Chenut revendique l’audience et l’influence de la Mutualité

Les participants de l’assemblée générale de la Mutualité Fonction Publique ont pu écouter un discours particulièrement offensif d’Eric Chenut lorsque celui-ci a décrit le paysage de la protection sociale du moment et les prises de position du gouvernement.

Evoquant dès les premiers mots « plusieurs mois de conflits sociaux dus à un manque de dialogue social », le président de la FNMF relatait une réforme « engagée alors même que le diagnostic n’était pas partagé, et alors même que les argumentaires pour justifier cette réforme ont été plus qu’évolutifs sur toute l’année 2022 ».

Il rappelait les angles morts de la réforme et, surtout, l’expérience de la réforme Fillon qui a entraîné une augmentation de la sinistralité en prévoyance de l’ordre de 10 %. Et précisait que les coûts en prévoyance complémentaire risquaient fort de devenir « insoutenables » même si, grâce à la mobilisation, on avait pu écarter du relèvement de l’âge les personnes actuellement en invalidité.

Il abordait également la proposition de voir généralisée la couverture prévoyance, sujet qui fait apparaître de nombreuses inégalités de situation.

Seul point positif. Sur le grand âge « il n’est plus temps de procrastiner » indiquait-il après l’évocation des premiers engagements de Jacques Chirac. « Il est urgent de faire » et propose le modèle mutualiste, adopté par France Assureurs qui défend la solution « avec autant de force que nous ». « Depuis quelques mois, probablement à l’aulne de l’analyse de la programmation des lois de finances publiques, on a un accueil beaucoup plus intéressé et un certain nombre de rendez-vous sont programmés. » Mais pour le président de la Mutualité Française, la situation est claire : « Rien ne nous sera octroyé que nous n’aurons pas arraché ».

Au plan de l’action fédérale, il rappelle qu’il convient de répéter que « l’étatisation de la protection sociale, outre être un leurre, n’est en rien d’une meilleure efficacité ». « Le pilotage comptable, technocratique, court-termiste que nous vivons depuis bientôt 30 ans dans le champ de l’assurance maladie a démontré son inefficacité et qu’on allait dans le mur. Lorsque l’on voit l’état de l’hôpital et du système de santé ».

Eric Chenut fustigeait encore, très calmement et en pesant ses mots, l’action gouvernementale et notamment celle d’Olivier Véran promoteur de la Grande Sécu. A l’époque, rappelle-t-il, la Mutualité Française avait opposé aux flux financiers les problèmes de déserts médicaux et d’accès effectif aux soins. « Le ministre de la santé de l’époque, Olivier Véran, nous disait qu’il n’y avait pas de sujet de déserts médicaux en France ». Le responsable mutualiste indique alors que c’est la mobilisation du terrain, et l’intervention des medias qui a imposé le sujet dans le débat public. « Nous sommes donc efficaces en termes d’influence ».