» J’ai eu envie de rétablir une certaine vérité sur les métiers de la fonction publique. Il m’a semblé en effet que ceux qui écrivent sur la fonction publique, tant de l’intérieur que de l’extérieur, présentent un miroir déformant de cette réalité professionnelle… Le portrait du fonctionnaire qui est dressé est celui d’un paresseux accroché à ses privilèges, qui coûte trop cher et qui se moque du service public.«
Hervé Boullanger met en lumière ce qu’il considère comme des clichés injustes : une caricature du fonctionnaire qui, selon lui, ne rend pas justice à la motivation réelle de celles et ceux qui servent l’intérêt général.
» J’ai été frappé par les similitudes entre les engagements du chevalier lors de son adoubement à l’époque médiévale et les valeurs du fonctionnaire républicain… L’effacement individuel au profit du collectif est une valeur profondément enracinée chez les fonctionnaires… Le fonctionnaire ne peut pas le faire publiquement (devoir de réserve) mais il doit l’exprimer clairement à ses autorités sans peur de déplaire.«
Cette comparaison — fonctionnaire = chevalier républicain — souligne l’importance accordée à l’humilité, à la prudence et à la loyauté envers l’intérêt général.
L’auteur évoque la motivation intrinsèque propre au service public, qui ne se mesure pas à l’aune de la rémunération ou de la performance financière, mais à l’impact social et collectif.
» La plus grande différence touche les finalités de l’action : l’ordre des priorités entre intérêt général et productivité est inversé entre ces deux mondes professionnels… Des études sociologiques montrent clairement que les personnes engagées dans une action altruiste… réduisent leur engagement lorsque cette action est récompensée par une gratification matérielle.«
La sagesse du fonctionnaire n’est pas seulement une analyse intellectuelle : c’est aussi un appel à retrouver du sens et de la fierté dans l’exercice des métiers publics.
« Oui, ma principale motivation pour écrire ce livre était de donner l’amour et la fierté du métier à mes collègues et futurs collègues… À l’heure d’un monde économique hypertechnicisé… le luxe professionnel suprême est d’exercer un métier qui a du sens.”
